Reflux gastro-oesophagien

Définition

Le reflux gastro-oesophagien pathologique est un reflux acide de l’estomac vers l’oesophage, qui entraîne des symptômes ou des lésions de l’œsophage.

Symptômes

Le principal symptôme du reflux est le pyrosis. Il s’agit d’une brûlure débutant en regard de l’estomac et irradiant vers le haut, derrière le sternum.
D’autres symptômes digestifs moins spécifiques sont possibles tels que des épigastralgies, du hocquet, une mauvaise haleine, des nausées.

Des symptômes extradigestifs sont également liés aux reflux. Des inflammations ORL peuvent entraîner des sensations de brûlure, picotements ou corps étranger. Au niveau pulmonaire, le reflux peut être responsable de toux, d’aggravation d’un asthme ou d’infection respiratoire à répétition.

Centre Hépato-gastroentérologie
Lyon Sauvegarde

Prendre rendez-vous

25 avenue des sources
69009 Lyon

04 72 52 28 32

Où nous trouver

Les causes

Le reflux est dû le plus souvent à une défaillance du dispositif anti-reflux. La défaillance est anatomique dans le cadre de la hernie hiatale, correspondant au passage de la partie haute de l’estomac dans le thorax à travers le diaphragme. La défaillance est fonctionnelle lorsque le sphincter inférieur de l’oesophage n’a pas un tonus suffisant.

Le reflux est plus rarement en rapport avec une mauvaise motricité oesophagienne, empêchant l’évacuation des reflux physiologiques. Ces troubles de motricité du muscle oesophagien peuvent être primitifs ou secondaires à des maladies inflammatoires de l’oesophage telle que l’oesophagite éosinophile, liée à des allergies alimentaires.

Certains facteurs augmentant la pression abdominale favorisent le reflux. C’est le cas notamment de l’obésité, des efforts physiques, les positions penchées en avant.

Examens complémentaires

La gastroscopie est l’examen clé du bilan du reflux gastro-oesophagien. La présence de lésions inflammatoires dans le bas œsophage (oesophagite) confirme le diagnostic, mais n’est pas systématique.
Cet examen permet l’identification d’une hernie hiatale ainsi que la réalisation de biopsies oesophagiennes pour le diagnostic d’oesophagite éosinophile. La gastroscopie permet également d’éliminer les lésions tumorales oeso-gastriques. Enfin, elle recherche les complications du reflux.

La ph-métrie des 24 heures est un enregistrement du ph oesophagien à l’aide d’une fine sonde introduite par le nez. Elle est utile lorsque les symptômes du reflux sont atypiques et elle est nécessaire avant une chirurgie de hernie hiatale.

La manométrie oesophagienne permet les mesures de contraction du muscle oesophagien et donc de diagnostiquer les troubles de la motricité. Elle est utile dans le bilan d’un reflux résistant au traitement médicamenteux notamment associé à des blocages alimentaires. Elle est nécessaire avant de discuter d’un traitement chirurgical.

Complications

L’oesophagite peptique est la complication la plus fréquente.

Lorsque cette oesophagite est persistante, une sténose de l’oesophage responsable de trouble de la déglutition peut se développer.

L’endobrachyoesophage est la transformation de la muqueuse du bas œsophage en une muqueuse de type intestinale sous l’effet des agressions acides. Aussi appelée muqueuse de Barrett, cette modification de la structure tissulaire expose à un plus haut risque de dégénérescence en cancer et nécessite une surveillance régulière.

Traitement

Un traitement médical est le plus souvent suffisant. Il s’agit des médicaments de la famille des inhibiteurs de la pompe à proton. Ce traitement est pris de manière intermittente, si possible à la demande, ou prolongée en cas de symptômes plus importants.

Plus rarement, en cas d’inefficacité du traitement médicamenteux, un traitement chirurgical est envisagé. Il s’agit de repositionner la jonction oeso-gastrique dans l’abdomen en cas de hernie hiatale et de réaliser une valve gastrique (fundoplicature). S’agissant d’une chirurgie fonctionnelle, l’indication doit être soigneusement discutée.

La prise en charge des complications reposent principalement sur l’endoscopie. Ainsi, les sténoses peptiques sont traitées par dilatation endoscopique. L’endobrachyoesophage, en cas de transformation pré-cancéreuse, fait l’objet de destruction par voie endoscopique ou de résection notamment par dissection sous-muqueuse.